Rencontres de printemps 2013 - Anglet (64).


Les rencontres de printemps 2013 du RÉSEAU écobâtir 
auront lieu les 9, 10 et 11 mai 2013 à Anglet (64),
La thématique de ces prochaines rencontres :
" LES SYSTEMES D'ANALYSE MULTICRITERE ".


DOCUMENTS D'INSCRIPTION 


Fiche d'inscription à retourner à :
INIT Environnement – Parc d’activité LANA, n°3 Rue Muga-Bidea 64210 BIDART
(avant le 15 avril 2013 avec règlement)

Lieu des rencontres : Auberge de jeunesse d'Anglet 

APPEL A CONTRIBUTIONS
(si vous êtes interessés, contactez nous par mail : contact@reseau-ecobatir.org)


Dépasser les seules préoccupations énergétiques et intégrer des indicateurs multiples permettant de jauger de la pertinence des choix en termes de "durabilité" de la construction, de l'aménagement, de l'habitat...  n'est pas une nouvelle lubie, ni même la préoccupation exclusive des acteurs historiquement engagés.
Au contraire, les initiatives en ce sens prolifèrent.
 
Alors, l'Analyse Multicritères, pour faire quoi ? Et comment ? Est-ce vraiment utopique ? 
 
Tenter d'appréhender ces questions sera le but de nos prochaines rencontres, car dans la multitude de "référentiels", on trouve un peu de tout et son contraire, selon l'interprétation qui est faite de ce concept fourre-tout qu'est le Développement Durable, et surtout selon l'intention qui préside au choix des critères.
 
Les démarches pragmatiques "de marché" construites autour d'une expertise professionnelle basée sur l'obligation de moyens (CASBEE, BREAM, Vorarlberg, BDM, ÉcoFaure , [*1]...) sont relativement bien connues, bien que parfois loin d'être véritablement multicritères.
 
Cependant, en France, les plus médiatisées sont portées au niveau régional ou national par des lobbys (ou se posant comme tels, i/e l'IFPEB [*2 ]). Trop souvent, leur finalité plus ou moins avouée est de capter les fonds publics attribués via subvention ou crédits d'impôt, financement soumis aux respects des critères définis par les experts de ces mêmes lobbys.
 
Ainsi, force est de constater qu'émergent des "utopies" de bien différentes natures, révélatrices de visions sociétales et d'enjeux diamétralement opposés.
 
- l'utopie qui pourrait faire peur, celle de "l'excellence" avec un petit © dans le rond, telles que promues-vendues par le pôle Aquitain [*3], et qu'on pourrait souhaiter mieux comprendre.
 
- l'utopie, qui ferait presque rire si ce n'était pas si grave, celle des enjeux de pouvoir, celle de la "référence Internationale" qui fait raconter des choses très drôles au président de HQE [*4], mais avec l'assentiment du ministère. [*5] 
Comment interpréter cette schizophrénie apparente des services de l'État ? Attitude d'autant plus étonnante car n'est-ce pas non plus une certaine forme d'utopie bien plus politiquement correcte que ce même ministère (le CERTU) avait mise en place avec sa grille d'analyse RST02 ?[*6] 
 
- l'utopie réformiste, celle qui espère que la politique de la carotte et du bâton (aides publiques ou non), va faire évoluer la sincérité des acteurs vers une démarche de progrès écologique. Intention louable et sans doute très pertinente selon les cas, au vu des disparités régionales. Mais comment ne pas s'inquiéter des risques de compromission des acteurs réellement engagés ? 
Les débats ouverts de nos rencontres nous permettront-ils d'interroger les notions relatives de pragmatisme, d'efficacité, et d'appréhender dans cette stratégie espérée "gagnant-gagnant" les risques potentiels de récupération et de dévoiement du travail des pionniers sincères ? 
 
- l'utopie qui peut faire rêver, celle du discernement, de la démarche citoyenne participative prônée entre autre par toutes les parties prenantes de Bâtiments Durables Armoricains (BDA)[*7],  dont une bonne partie des membres de l'atelier 2E du Réseau Écobâtir, et à laquelle la synthèse des travaux des 20 dernières rencontres peut apporter sa part de référence. [*8]
 
Ainsi, entre manœuvres de lobbying et démystification radicale du greenwashing, entre usines à gaz et pragmatisme de terrain, verticalité descendante, ascendante, ou transversalité, sachons nous donner lors de ces rencontres l'occasion d'explorer autant les paradigmes que les outils eux mêmes.
 
Peut-on ainsi espérer produire du discernement appropriable par tous les participants à l'acte de bâtir, sans oublier de réhabiliter l'évaluation via le prisme de l'usager ?
 
Peut-on espérer évoquer les préceptes sociétaux fondamentaux défendus par ,entre autre, Daniel Pinson, architecte, sociologue et professeur d’urbanisme à l’Université d’Aix-Marseille, dans cette magnifique définition de ce que pourraient être des analyses multicritères pensées pour sortir du diktat de l'économie de marché et faire la part belle à la sociologie "de combat":
" Cette contre-expertise, souvent de nature associative, de «plein air» ont dit Barthes, Lascoumes et Callon, joue un rôle de déniaisement, de désaliénation tout à fait important ; elle participe de l’action de contre-pouvoirs d’autant plus indispensables que, en dépit des contrôles de validité des produits censés être examinés de façon indépendante, «scientifique et objective», les lobbys industriels parviennent à infiltrer ou à corrompre les structures de veille sanitaire et autres. D’où l’importance de cette «démocratie cognitive» qu’Edgar Morin, dans le dernier tome (6) de sa « Méthode » : «Ethique», et dans d’autres textes ultérieurs, appelle de ses vœux. L’aliénation par l’ignorance et la tromperie constituent en effet le mode préliminaire de captation par l’envie, de l’«intoxication consumériste» (Hessel-Morin, 2011), suscitées chez les consommateurs. Tout ce qui contribue à l’élévation de la connaissance est donc essentiel pour accéder à la pertinence d’un choix et «substituer à l’impératif unilatéral de croissance, comme le préconisent Hessel et Morin, un impératif complexe, déterminant ce qui doit croître mais aussi ce qui doit décroître.» .

Le texte complet en ligne sur le tout aussi excellent "Journal Du Mauss" http://www.journaldumauss.net/spip.php?article947 est susceptible de provoquer de graves effets secondaires chez le lecteur: irritations, palpitations, montées d'adrénaline, mais aussi élans d'enthousiasme ...
 
Élan enthousiaste et lui même multicritère qui espérons le sera notre au mois de mai à Biarritz !


CA du RESEAU écobâtir et Jean-Luc Le Roux, pilote démarche BDA  


[*1]

[*2]
A l’IFPEB, priorité à la performance par le marché !
L’Institut Français pour la PErformance du Bâtiment s’intéresse à tous les volets de la construction responsable, devenant ainsi « la voix » des acteurs du marché de la construction et de l’immobilier sur les questions de transition environnementale.
Analyse du Cycle de Vie : expérimenter l’aide à la décision
En 2013, L’IFPEB poursuit ses travaux sur l’aide à la décision à base d’ACV, dans les appels d’offres et dans les phases de conception. Concrètement, une communauté d’expérimentation a été lancée fin 2012 avec l’ADEME IDF qui portera sur au moins dix projets réels d’ici deux ans. La méthodologie élaborée par l’IFPEB dans son guide 2012 « ACV et prescription » se traduit dès le premier trimestre 2013 par l’organisation d’ateliers pratiques entre tous les acteurs du marché.
Energie : des outils pour la garantie de performance
La conférence du 28 novembre 2012 organisée au siège du CSTB a mis en évidence la voie vers des outils prévisionnels fiables des consommations réelles d’un bâtiment. De nouvelles collaborations seront établies en 2013. L’IFPEB est en première ligne sur ce sujet, notamment via la méthode IDC (indicateurs de Consommation) synthétisant les meilleures pratiques de tous ses membres. Cette méthodologie, qui permet de connaître les consommations et d’interpréter correctement les écarts prévision/mesure, sera disponible dès février.
L’objectif de l’Institut est de parvenir à une cohérence globale des outils du marché et réglementaires dans le cadre de la rénovation comme du neuf.
L’institut se fait aussi le porte-parole de solutions ambitieuses et compatibles avec le marché, dans le débat professionnel et auprès des pouvoirs publics.

[*4]
 Michel Havard , président de l'association HQE , à propos du label HQE Performance.
 « Nous disposons certainement du référentiel le plus dense. Je veux dire par là que nos outils se basent sur une approche scientifique étayée et sur une cohérence globale avec des certifications qui touchent l’aménagement et les bâtiments tertiaires en allant jusqu’aux matériaux avec leurs FDES. La marge de variation dans nos notations est faible. C’est un gage de sérieux. »

[*5]
Dans le même article ( http://www.lemoniteur.fr/191-territoire/article/actualite/19748430-labels-certifications-normes-pour-l-amenagement-durable-l-urgence-d-instaurer-un-langage-commun) citation de Jean-Marc Michel, directeur général de l’Aménagement, du Logement et de la Nature (DGALN).
« Si on multiplie les labels, normes et certifications, on sera très vite dépassé. Il faut faire en sorte que la France soit le pays retenu pour servir de référentiel de la ville durable »

[*6]
Au cours des dernières années, les rencontres du RESEAU Écobâtir ont été lieu de débats sur les thématiques " monocritères-mais-pas-que " ci-après :
>

Le confort thermique  2002

L'écoconstruction au niveau de la ville et Les acteurs de la construction 2003

Habitat et territoire et Les pratiques sociales dans l'éco-construction 2004

Eco-construction et industrie 2005

Habitat groupé et éco-construction 2006

Le logement social écologique 2007

Réhabilitation de l'habitat : Quels objectifs ? Quels moyens ? 2008

Ecoconstruire la ville 2008

Les Analyses du Cycle de Vie des matériaux (ACV) 2009

Relocaliser l'économie : Filières courtes, économie endogène, utilisation des matériaux locaux , valorisation des savoirs et de leur transmission ...; 2010

Le mirage technologique 2010

Les Systèmes de Garantie et d'Amélioration Participatifs (SGAP)2011

La précarité énergétique 2012

Risques Naturels et cultures constructives 2012